La DDISC possède un certain nombre de projets qui sont budgétisés et d’autres pour lesquels une recherche de financement est toujours en cours.
A titre d’illustration nous pouvons citer les projets suivants :
I-LE PROGRAMME NATIONAL DE GOUVERNANCE DES PRODUITS CHIMIQUES ET DE SECURISATION DES LABORATOIRES SCOLAIRES PUBLICS DE COTE D’IVOIRE (PROGOUV-CHIM ÉDUCATION).
Les laboratoires des établissements d’enseignement publics de Côte d’Ivoire abritent des stocks de produits chimiques obsolètes et périmés devenus dangereux, exposant élèves, enseignants et personnels à des risques d’intoxication et d’accident. Un état des lieux partiel a permis d’identifier des situations à risque dans 231 des 257 établissements sondés d’où 2 336 kg de produits ont déjà été éliminés dans 45 établissements d’Abidjan. Ce programme de gouvernance permettre in fine de protéger élèves, enseignants et personnels contre les risques liés aux produits chimiques obsolètes et dangereux présents dans les établissements.
Objectif principal : Mettre en place un dispositif pérenne de gouvernance des produits chimiques et résorber le passif accumulé afin de garantir des environnements d’apprentissage sûrs.
Durée & coût : 3 ans, pour un budget estimé à 3,24 milliards FCFA.
Bénéficiaires : Élèves, étudiants, enseignants, personnels et populations riveraines.
Actions clés à mener :
- Adoption d’un cadre réglementaire et d’un système national d’information (SIGSDID).
- Inventaire et élimination des produits chimiques dangereux dans 257 établissements.
- Réhabilitation et sécurisation des laboratoires scolaires.
- Formation de techniciens spécialisés et sensibilisation des usagers.
Aligné sur le PND 2026-2030 et les Objectifs de Développement Durable (ODD), ce programme constitue une étape majeure pour une éducation plus sûre et respectueuse de l’environnement en Côte d’Ivoire.
II-PROJET SGH
Le Projet « Accroître la mise en œuvre mondiale du Système Général Harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques par le biais d’un projet pilote axé sur l’Afrique », dénommé projet SGH est une initiative internationale visant à renforcer la gestion sécurisée des produits chimiques.
🔹 Contexte : Adopté en 2002, le SGH est un outil essentiel pour une gestion rationnelle des produits chimiques. Pourtant, il reste non opérationnel dans plus de 120 pays, dont la majorité en Afrique. Ce projet pilote couvre la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigéria et le Kenya, avec l’appui du PNUE, de l’UNITAR, de la Commission Européenne et d’autres partenaires. 🔹 Objectif général : Présenter le projet aux parties prenantes, valider sa feuille de route et discuter des aspects réglementaires de sa mise en œuvre.
Actions principales :
- Faire connaître le projet et ses résultats attendus.
- Valider et adopter la feuille de route nationale.
- Réaliser l’état des lieux des instruments législatifs et réglementaires existants.
- Proposer des mesures pour une mise en œuvre efficace du SGH.
Ce projet s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda 2030 (cible 12.4) et contribue au renforcement de la gouvernance chimique en Afrique, pour une meilleure protection de la santé humaine et de l’environnement.
III-PROJET CARTOGRAPHIE DE L’UTILISATION ET DES CHAINES D’APPROVISIONNEMENT DES CHROMATES DE PLOMB EN COTE D’IVOIRE ET SENSIBILISATION DES PARTIES PRENANTES A LA NECESSITE DE CONTROLER LE CHROMATE DE PLOMB.
Contexte et enjeux
Les chromates de plomb sont utilisés dans les peintures, les plastiques, les encres et certains procédés industriels. On les retrouve parfois dans des produits de consommation courante comme les épices et les cosmétiques. Ils présentent un risque sérieux pour la santé humaine et pour l’environnement, mais leur usage reste très répandu et mal documenté en Côte d’Ivoire.
Le projet
CARTOPLOMB est mis en œuvre avec le Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique (MINETE). Il est financé par le Lead Exposure Elimination Project (LEEP) dans le cadre de son Opportunity Fund. Il se déroule de juin 2026 à novembre 2027, avec pour objectif l’élimination de l’exposition au plomb.
Les objectifs du projet
- Cartographier les usages et les chaînes d’approvisionnement des chromates de plomb : importation, distribution, stockage et utilisation.
- Identifier la voie réglementaire la plus adaptée pour contrôler ces substances.
- Repérer des pigments alternatifs sans plomb et sensibiliser à leur usage.
- Contribuer à l’élaboration et à la validation d’une réglementation.
- Former les agents de contrôle et sensibiliser l’industrie à la future réglementation.
Une démarche en trois phases
Phase 1 : Cartographie. Enquêtes de terrain auprès des acteurs clés, analyse géospatiale des données, rapport de cartographie et atelier de validation.
Phase 2 : Engagement des parties prenantes et voie réglementaire. Revue du cadre réglementaire, stratégie nationale et plan d’action, consultations sectorielles, étude de marché sur les pigments alternatifs et conférence de sensibilisation.
Phase 3 : Mise en œuvre des recommandations. Rédaction du texte réglementaire, formation des agents de contrôle, sensibilisation des industriels et atelier de clôture.
IV–OPERATIONNALISATION DU SYSTEME INTEGRE DE GESTION ET DE SUIVI DES DECHETS INDUSTRIELS DANGEREUX (SIGSDID)
Le tissu industriel national est en plein développement, avec 4 951 entreprises industrielles formelles en 2022 et une croissance de +7,0 % en 2024.
Cette dynamique, bien qu’encourageante sur le plan économique, s’accompagne mécaniquement d’une augmentation des volumes de déchets industriels générés.
La production nationale de déchets industriels est estimée à plus de 625 000 tonnes par an, avec une projection dépassant le million de tonnes à l’horizon 2035, selon les données du Centre Ivoirien Anti-Pollution (CIAPOL). Cette évolution accroît les risques de pollution des sols, des ressources en eau et de l’air, ainsi que les menaces pour la santé publique.
Ces chiffres, aussi préoccupants soient-ils, masquent une réalité plus grave encore : une fraction considérable de ces déchets échappe aujourd’hui à tout circuit officiel de gestion. Selon les estimations disponibles, à peine 30 à 40 % des déchets industriels produits sur notre territoire sont effectivement pris en charge par des opérateurs agréés. Ce sont donc plus de 375 000 tonnes par an qui échappent à tout contrôle : rejetées dans la nature, enfouies clandestinement ou déversées dans nos cours d’eau.
La gestion écologiquement rationnelle des déchets industriels dangereux constitue donc aujourd’hui un enjeu stratégique majeur, au regard des risques qu’ils représentent pour l’environnement, la santé publique et la sécurité des populations.
C’est dans cette optique que le Ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique (MINETE) a développé le Système Intégré de Gestion et de Suivi des Déchets Industriels Dangereux (SIGSDID), afin de pallier le déficit de maitrise observé dans la gestion de nos déchets industriels. En rendant obligatoire et numériquement traçable chaque mouvement de déchets industriels dangereux, le SIGSDID permettra de ramener progressivement vers des filières contrôlées des volumes de déchets industriels aujourd’hui perdus pour toute statistique, et pour tout contrôle réglementaire.
Objectif principal : tracer et suivre en temps réel, à travers la plateforme : https://www.sigsdid.ci, les déchets industriels dangereux, depuis leurs productions jusqu’à leurs éliminations.
Fonctionnalités clés du SIGSDID :
- Le Bordereau électronique (e-BSD) :c’est un document infalsifiable et horodaté, qui est archivé de façon instantanée ;
- La traçabilité : le système permet de suivre chaque étape du mouvement du déchet depuis sa production jusqu’à son élimination ;
- Le tableau de bord : il permet d’avoir les données consolidées en temps réels, ce qui sera un atout pour l’administration, dans la prise de décision ;
- Les alertes et contrôles : elles permettent de remonter les anomalies tels que les trafics illicites de déchets, à travers un système d’alerte, afin de permettre aux autorités compétentes de faire des inspections rapides ;
- Les statistiques nationales : Elles vont permettre de centraliser toutes les informations sur les déchets industriels dangereux ;
- La conformité règlementaire : Elle vient en appui à la mise en œuvre du code de l’environnement.
Acteurs clés : Producteurs de déchets, Collecteurs/transporteur de déchets, Traiteurs de déchets et Autorités publiques.
Actions déja menées :
- Lancement officiel le 15 avril 2026 par Monsieur Abou BAMBA, Ministre de l’Environnement et de la Transition Ecologique ;
- Inscription des collecteurs et traiteurs de déchets industriels dangereux, agréés par le MINETE, sur la plateforme du SIGSDID ;
- Inscription progressive des producteurs de déchets industriels dangereux sur la plateforme du SIGSDID ;
- Balisage GPS des véhicules de collecte et transport de déchets industriels dangereux ;
- Pose des QR code d’identification sur les sites de production de déchets industriels dangereux ;
- Démarrage effectif de l’utilisation du Bordereau électronique de suivi des déchets (e-BSD), depuis le mardi 15 septembre 2026.
Actions à mener pour l’opérationnalisation :
- Formation des collecteurs et traiteurs de déchets industriels dangereux à l’utilisation de la plateforme SIGSDID ;
- Elaboration de tests d’émission d’e-BSD et de suivi des opérations de collecte et transport de déchets industriels dangereux ;
- Utilisation maitrisée de la plateforme SIGSDID, par tous les acteurs, pour la gestion des déchets Industriels dangereux.
V-OPERATIONNALISATION DES ANNEXES II, III ET IV DE LA CONVENTION MARPOL ;
Le transport maritime est une source de pollution environnementale majeure. En effet, les navires produisent différents types de déchets, notamment des déchets d’exploitation et des résidus de cargaison, dont le rejet sans dispositions particulières peut avoir des effets néfastes sur l’environnement et sur la santé publique. La gestion desdits déchets se fait conformément aux dispositions de la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL), ratifiée par la Côte d’Ivoire le 05 janvier 1988.
En Côte d’Ivoire, la mise en œuvre des dispositions relatives aux Annexes I et V, portant respectivement sur la prévention de la pollution par les hydrocarbures et la prévention de la pollution par les ordures ménagères et déchets assimilés issus des navires, est déjà engagée à travers les dispositifs nationaux de collecte, de transport et de traitement desdits déchets. En revanche, les dispositions relatives aux Annexes II, III et IV ne sont pas encore pleinement opérationnalisées.
Ces trois annexes concernent respectivement :
- Annexe II: Règles relatives à la prévention de la pollution par les substances liquides nocives transportées en vrac ;
- Annexe III: Règles relatives à la prévention de la pollution par les substances nuisibles transportées par mer en colis ;
- Annexe IV: Règles relatives à la prévention de la pollution par les eaux usées des navires.
Objectif principal : Réduire les risques de pollution de nos eaux par les déchets provenant des navires.
Ces arrêtés signés offrent désormais la possibilité d’exercer les activités de collecte, de transport et de traitement des déchets issus des navires, conformément aux dispositions des annexes II, III et IV de la Convention MARPOL.
Pour ce faire, des agréments seront attribués aux opérateurs ayant démontré leur capacité à mener ces activités, de la collecte jusqu’au traitement final des déchets. A cet effet, la période de demande d’agrément a débuté le jeudi 17 septembre 2026.
Les activités concernées sont :
- l’enlèvement et le traitement des eaux de nettoyage des citernes et des résidus ou mélanges contenant des substances liquides nocives provenant des navires (annexe II de MARPOL) ;
- la collecte, le transport, le stockage, la valorisation et/ou l’élimination des emballages vides ayant déjà servi au transport des substances nuisibles provenant des navires (annexe III de MARPOL) ;
- l’enlèvement et le traitement des eaux usées provenant des navires (annexe IV de MARPOL).
La demande d’agrément ainsi que le paiement des frais d’instruction s’élevant à trois cent mille cent (300 100) Francs CFA se font exclusivement en ligne via la plateforme https://www.sigsdid.ci.
Acteurs clés : Consignataires, Collecteurs/transporteur de déchets, Traiteurs de déchets, Autorités portuaires et administrative.
Actions à mener pour l’opérationnalisation : Organiser un atelier avec les parties prenantes, les jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026, afin d’examiner la faisabilité technique, opérationnelle et institutionnelle de la mise en œuvre de ces annexes de MARPOL en Côte d’Ivoire.
VI-CONCOURS NATIONAL DE L’INNOVATION DURABLE, UNE COLLABORATION MINETE ET SOLIBRA
Face aux défis environnementaux, économiques et sociaux que connaît la Côte d’Ivoire, de nombreux jeunes talents développent des solutions innovantes qui peinent souvent à dépasser le stade de l’idée ou du prototype, faute de financement et d’accompagnement. Pour y répondre, le MINETE et la SOLIBRA, lauréate du Prix National d’Excellence 2025 de la Meilleure Entreprise Écocitoyenne, ont signé le 30 juin 2026 une convention de partenariat pour organiser le Concours National d’Innovation Durable. Ce concours permettra in fine de faire émerger des solutions locales à fort impact et de promouvoir l’entrepreneuriat vert chez les jeunes.
Objectif principal : Identifier, valoriser et accompagner des projets innovants portés par de jeunes Ivoiriens, et faciliter le passage de leurs prototypes à des solutions pilotes opérationnelles.
Durée & coût : La durée du concours, pour un budget de 11,5 millions FCFA entièrement financé par la SOLIBRA.
Bénéficiaires : Jeunes talents, innovateurs et porteurs de projets ivoiriens, ainsi que les communautés bénéficiant des solutions développées.
Actions clés à mener :
- Conception des documents techniques (TDR, règlement, critères de sélection) et lancement des candidatures.
- Sélection des projets par un jury pluridisciplinaire (MINETE, SOLIBRA, experts, universités, incubateurs, ONG) sur trois niveaux d’évaluation.
- Récompense des trois lauréats à hauteur de 9 millions FCFA (5 M, 2,5 M et 1,5 M FCFA) pour la mise en œuvre de leurs prototypes.
- Accompagnement technique des finalistes par un incubateur et suivi-évaluation des projets pendant la phase pilote.
Aligné sur les orientations nationales en matière de transition écologique et sur les Objectifs de Développement Durable (ODD 7, 9, 12 et 13), ce concours constitue une étape importante pour faire de l’innovation durable un levier de croissance verte et d’emplois pour la jeunesse ivoirienne.
